Historique

Les Indigenous Voices Awards (IVA) ont été fondés en 2017 afin de soutenir et d’encourager le travail d’écrivains autochtones sur les terres revendiquées par le Canada. Au début, les fonds ont été soulevés lors d’une campagne de financement lancée par Robin Parker, qui collabore avec l’ Indigenous Literary Studies Association (ILSA)** pour l’administration des prix. Par la suite, Silvia Moreno-Garcia contribua également à la levée de fonds. Le but initial de Parker était de recueillir la somme de 10 000$ afin de soutenir des écrivains autochtones émergents ; en quatre mois, cette initiative a recueilli 116 565$. Cette première somme a depuis été enrichie par d’autres dons de divers groupes et d’individus.

Afin d’honorer l’esprit de la campagne et la générosité de ses 1 563 premiers donateurs, la première année des IVA sera dédiée aux écrivains autochtones ‘émergents’ sous la forme de cinq prix pour des œuvres inédites, d’un total de 10 000$, et de trois prix pour des œuvres publiées, d’un total de 15 000$. Les résultats de l’édition 2017 du concours seront annoncés au printemps 2018. Suite à l’édition 2017 du concours, les IVA offriront deux prix par an : l’un pour un écrivain autochtone émergent et l’autre pour un écrivain autochtone établi. La valeur de ces prix sera fixée sur la base des recommandations du conseil exécutif des IVA et de la somme disponible dans le fonds en fiducie, tout en préservant la pérennité du concours.

Les Indigenous Voices Awards veulent soutenir la production littéraire autochtone dans sa diversité et sa complexité, et reconnaissent que la littérature autochtone regroupe mais ne se limite pas à des formes telles que le roman, l’essai littéraire, la nouvelle, la poésie, l’oralité, le roman graphique, la bande dessinée, le slam, le théâtre, les paroles de chanson et le scénario de cinéma, entre autres. Les prix honorent la souveraineté des voix de création autochtones et rejettent l’appropriation culturelle ; sont admissibles aux prix IVA seuls les auteurs autochtones, et ceux-ci doivent signer une déclaration d’identité autochtone. Les prix ont pour objet de soutenir les communautés artistiques autochtones et de résister au caractère “vedette” d’autres compétitions. Ainsi, le conseil exécutif des IVA s’engage à créer, lorsque possible, des occasions de mentorat, de professionnalisation et de collaboration créative entre les candidats, les membres du jury et d’autres membres de la communauté artistique autochtone.

Au sujet des écrivains « émergents » et « établis »

Alors que, pour beaucoup de gens, la catégorie d’« écrivain émergent » sous-entend un écrivain jeune, ILSA et son comité de prix reconnaît qu’il existe des artistes autochtones d’âges divers qui sont en train de découvrir leur voix en tant qu’artiste, dont beaucoup de gens plus âgés et même un grand nombre d’aînés. Notre définition d’« émergent » ne se concentre pas sur l’âge d’un écrivain donné mais plutôt sur son historique d’édition. Dans le contexte de ces prix, le mot « émergent » se réfère aux écrivains dont le travail est jusque-là inédit ou n’est édité de façon substantielle que depuis moins de sept ans, et qui ont publié moins de trois livres.  Tout écrivain qui ne se situe pas à l’intérieur de ces paramètres mais qui est de l’avis qu’il devrait être admissible à ce concours est prié de présenter une déclaration, de moins de 300 mots, au sujet de son admissibilité. Dans de tels cas, le conseil exécutif des IVA décidera si un écrivain donné est admissible à la considération du jury. Les écrivains « établis » sont ceux qui publient des livres depuis plus de sept ans ou qui ont publié trois livres ou plus (ou l’équivalent dans un autre format) au moment de déposer leur candidature au concours.

** Association des études littéraires autochtones

*** N.B.: Grands remerciements à Sepideh Anvar pour sa traduction du texte.

Biographies des membres du jury

Kateri Akiwenzie-Damm est poète, essayiste, éditrice, rédactrice en chef, militante et artiste du spoken word de la Première Nation Chippewas de Nawash. Elle a fondé la maison d’édition Kegedonce Press, dont elle est la présidente, qui publie les œuvres d’artistes autochtones. Parmi ses publications, un recueil de nouvelles intitulé The Stone Collection, un recueil de poésie intitulé My Heart is a Stray Bullet, et les anthologies Without Reservation: Indigenous Erotica et Skins: Contemporary Indigenous Writing. Elle a également produit des CDs de spoken word collaboratifs : Standing Ground et A Constellation of Bones.

Virginia Pésémapéo Bordeleau : Métisse crie, née aux Rapides-des-Cèdres, Virginia Pésémapéo Bordeleau est peintre, poète, et romancière. Bachelière en arts plastiques, elle poursuit une œuvre sensible dans laquelle famille et territoire, animaux mythiques et plantes et rochers forment un monde organique, chargé d’une énergie sans cesse renouvelée. Elle a reçu plusieurs prix pour ses toiles. Elle a publié Ourse bleue (roman, La Pleine lune, 2007), De rouge et de blanc (poésie, Mémoire d’encrier, 2012), L’amant du lac (roman érotique, Mémoire d’encrier, 2013) et L’enfant hiver (roman, Mémoire d’encrier, 2014) (Source: site web de Mémoire d’encrier).

Rachel Qitsualik-Tinsley : D’ancêtres Inuits, Écossais et Cris, Rachel Qitsualik-Tinsley est née et a grandi dans la culture traditionnelle inuit de la fin des années 1950. Elle vient d’une famille de tradition shaman puissante et a été baignée dans ces traditions pendant sa jeunesse. Elle a survécu aux pensionnats et a très souvent été témoin de la mort, mais elle est à la recherche de la vie. Après avoir travaillé en tant que conseillère et spécialiste de la langue, elle devient une auteure établie. Elle a publié des centaines d’articles au sujet de la culture et la mythologie inuit en collaboration avec son compagnon Sean Qitsualik-Tinsley ; un grand nombre de ces articles sont utilisés à des fins éducatifs à travers le monde. Depuis 2008, elle a produit plus d’une douzaine de livres, dont Skraelings, en lice pour le Prix du Gouverneur général en 2014 et lauréate du Burt Award en 2015. Récemment, elle plonge dans le roman graphique avec une publication dans l’anthologie Moonshot: Volume II (AH Comics). Un nouveau roman en prose, Why the Monster, sera publié en 2017 (Inhabit Media). Actuellement, Rachel et son compagnon discutent de traditions mystiques mondiales et considèrent toute chose d’une optique précoloniale et arctique. Rachel aime les faucons, mais ne déteste pas les tourtereaux. Elle aime les chiens, mais ne déteste pas les chats. Elle se qualifie elle-même de « mauvaise » ancienne.

Shelagh Rogers a été nommée Officier de l’Ordre du Canada pour sa promotion de la culture du Canada, pour son engagement bénévole dans la lutte contre l’analphabétisation chez les adultes, pour sa lutte contre la tare de la maladie mentale et pour son plaidoyer pour la réconciliation, à laquelle elle a l’intention de consacrer le reste de sa vie. Native Counseling Services of Alberta (les Services de conseils aux autochtones de l’Alberta) lui ont décerné leur prix de réussite dans la communauté autochtone (Achievement in the Aboriginal Community). Elle est également fière d’avoir été sélectionnée en tant que « témoin honoraire » auprès de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada. Elle est la présentatrice et l’une des productrices du programme de radio CBC The Next Chapter. (Cette biographie est tirée du site Internet de The Next Chapter).

Rodney Saint-Éloi: Poète, écrivain, essayiste, éditeur, né à Cavaillon (Haïti), il est l’auteur d’une quinzaine de livres de poésie, dont Je suis la fille du baobab brûlé (2015, finaliste au prix des Libraires, finaliste au Prix du Gouverneur général), Jacques Roche, je t’écris cette lettre (2013, finaliste au Prix du Gouverneur général). Il dirige plusieurs anthologies. Il a publié Haïti Kenbe la! en 2010 chez Michel Lafon (préface de Yasmina Khadra). Pour la scène, il a réalisé plusieurs spectacles dont Les Bruits du monde, les Cabarets Roumain, Senghor, Césaire, Frankétienne. Il est l’auteur de l’essai Passion Haïti (Septentrion, 2016). Lui a été décerné le prestigieux prix Charles-Biddle en 2012. Il a été reçu en 2015 à l’Académie des lettres du Québec. Il dirige la maison d’édition Mémoire d’encrier qu’il a fondée en 2003 à Montréal.

Gregory Scofield est Cri / Métis et poète, enseignant, travailleur social, et intervenant auprès des jeunes. Sa ligne ancestrale maternelle peut être tracée sur cinq générations jusqu’à l’implantation de Red River et à Kinesota, Manitoba. Il a publié une autobiographie, Thunder Through My Veins: Memories of a Métis Childhood, et plusieurs recueils de poésie dont Native Canadiana: Songs from the Urban Rez, Love Medicine and One Song, Louis: the Heretic Poems et Witness: I Am.

Richard Van Camp a grandi à Fort Smith, Territoires du Nord-Ouest, et est le premier écrivain publié des Tlicho Dene. Il a publié quinze livres dont le roman The Lesser Blessed qui a été porté à l’écran par First Generation Films. Il a publié deux bandes dessinées avec les artistes Steven Sanderson et Chris Auchter dans le cadre du Healthy Aboriginal Network (réseau autochtone en santé). Son roman Whistle a été publié au mois de mars 2015 et ses collections de nouvelles ovationnées comptent Angel Wing Splash Pattern, Godless But Loyal to Heaven, The Moon of Letting Go et Night Moves. Richard a aussi écrit de nombreuses histoires pour les jeunes et pour les poupons.