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Congrès 2018, Université de Regina

26-29 mai 2018

Atelier 3. Désir et plaisir dans les littératures autochtones contemporaines

Atelier conjoint avec la Indigenous Literary Studies Association (ILSA)

Comme la chercheure métis Emma LaRocque (« Reflections on Cultural Continuity... », 2009) l’a remarqué, la critique s’est jusqu’à maintenant surtout intéressée aux représentations des blessures causées par le colonialisme et aux « discontinuités » dans les vies autochtones. Selon elle, il importe de porter une attention égale aux « continuités », que ce soit la façon dont les savoirs se perpétuent en dépit du génocide culturel perpétré par les États coloniaux ou, tel que le suggère la chercheure unangax Eve Tuck (« Suspending Damage », 2009), selon une approche centrée non sur le tort mais sur le désir. En contexte anglophone, l’écrivaine anishinabée Kateri Akiwenzie-Damm a lancé au début des années 2000 le genre du Indigenous Erotica (des nouvelles érotiques autochtones), mais la littérature autochtone francophone n’a pas semblé prendre la même direction. Ce n’est que dix ans plus tard que l’auteure crie Virginia Pésémapéo Bordeleau publie L’amant du lac (2013), un livre que l’éditeur présente comme « le premier roman érotique écrit pas une auteure amérindienne du Québec ». Encore aujourd’hui, très peu d’études ont été publiées dans ce champ ; pourtant, on retrouve la question de la représentation du désir et du plaisir dans plusieurs œuvres autochtones de langue française – que ce soit dans les recueils de poésie intimiste de Louis-Karl Picard-Sioui (Wendat), dans l’œuvre écopolitique de Natasha Kanapé Fontaine (Innue) ou dans celle de Marie-Andrée Gill (Ilnue), ou enfin dans la bande dessinée d’Obom (Abénaquise).

Par conséquent, cet atelier veut réfléchir au rôle des représentations du désir et du plaisir (ainsi que des notions connexes telles que la sexualité, l’érotisme, et la jouissance) dans la lutte pour la décolonisation. À partir d’œuvres contemporaines autochtones de langue française – non seulement les romans, récits autobiographiques, essais, pièces de théâtre, nouvelles et la poésie, mais aussi la création orale, le cinéma, la chanson, le slam, le spoken word, la performance, la bande dessinée – les participant.e.s sont encouragé.e.s à explorer certains des aspects suivants :

-  l’écriture érotique autochtone (V. Pésémapéo Bordeleau, L’amant du lac, 2013 ; K. Akiwenzie-Damm (dir.), Without Reservation, 2003 ; D. H. Taylor (dir.) Me Sexy, 2008)

 - l’« érotique souverain » (Q. Driskill (dir.) Sovereign Erotics, 2012)

 -  l’« amour décolonial » (L. Simpson, Islands of Decolonial Love, 2013 ; L. Simpson, The Accident of Being Lost, 2017) ; I. Huberman, « Les possibles de l’amour décolonial... », Voix plurielles, 2016)

- la corporéité, les rapports au corps (M.-A. Gill, Béante, 2012 ; Frayer, 2015)

- les productions culturelles LGBTQ+ ou bispirituelles (L. Tatonetti, The Queernessof Native American Literature, 2014 ; H. Nicholson (dir.), Love Beyond, 2016)

- les rapports entre désir, plaisir et décolonisation (S. Henzi, « Bodies, Sovereignties, and Desire... », Québec Studies, 2015)

-les rapports entre désir, plaisir et territoire (N. Kanapé Fontaine, Bleuets et abricots, 2016)

-les rapports entre désir, plaisir et expression de soi (L.-K. Picard-Sioui, Au pied de mon orgueil, 2011 ; Les grandes absences, 2013)

-les rapports entre désir, affect, féminismes et masculinités (K. Anderson, A Recognition of Being, 2000/2016 ; S. McKegney (dir.) Masculindians, 2014)

-le rôle de l’image pour représenter le désir et le plaisir (Obom, J’aime les filles, 2014)

-le rôle de l’humour pour représenter le désir et le plaisir (D. H. Taylor (dir.) Me Sexy,  2008)

Responsables de l’atelier:

Sarah Henzi, Université de Montréal, sal.henzi@umontreal.ca

Joëlle Papillon, Université McMaster, papillj@mcmaster.ca

Date limite pour l’envoi des propositions (250-300 mots) :  le 15 décembre 2017

Les personnes ayant soumis une proposition de communication recevront un message des organisatrices de l’atelier avant le 15 janvier 2018 les informant de leur décision.

L’adhésion à l’APFUCC ou à l’ILSA est requise pour participer au colloque. Il est également d’usage de régler les frais de participation au Congrès des Sciences humaines ainsi que les frais de conférence de l’APFUCC ou de l’ILSA. Ils doivent être réglés avant le 31 mars 2018 pour bénéficier des tarifs préférentiels. La date limite pour régler les frais de conférence et l’adhésion est le 15 avril 2018 au-delà de quoi le titre de votre communication sera retiré du programme.

Vous ne pouvez soumettre qu’une seule proposition de communication pour le colloque de 2018. Toutefois, il est possible de soumettre une communication dans un atelier conjoint et une autre dans un atelier de votre choix. Toutes les communications doivent être présentées en français (la langue officielle de l’APFUCC) en personne, même dans le cas d’une collaboration.